Aujourd’hui s’est ouverte la porte du paradis : Marie est entrée dans la gloire de Dieu ; exultez dans le ciel, tous les anges !
Mercredi 15 août 2012
Assomption de la Vierge Marie
Luc 1, 39-56
Voici ce récit que nous appelons couramment la Visitation. Luc écrit ici une oeuvre éminemment théologique. Il faut sûrement donner tout son poids à la phrase centrale de ce texte : “élisabeth fut remplie de l’esprit Saint, et s’écria d’une voix forte.” Cela veut dire que c’est l’Esprit Saint en personne qui parle pour annoncer dès le début de l’évangile ce qui sera la grande nouvelle de l’évangile de Luc tout entier : celui qui vient d’être conçu est le “seigneur”.
| [...] “tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni [...] |
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En guise de réponse aux paroles d’Élisabeth, Marie entonne le Magnificat. Chose assez surprenante à propos du Magnificat : dans nos bibles à cette page de saint Luc, on trouve dans la marge des quantités de références à d’autres textes bibliques. Ce qui veut dire que Marie n’a pas inventé les mots de sa prière. Pour exprimer son émerveillement devant l’action de Dieu, elle a tout simplement repris des phrases prononcées par ses ancêtres dans la foi.
Il y a là une double leçon. Leçon d’humilité d’abord. Spontanément, pourtant mise devant une situation d’exception, Marie reprend tout simplement les expressions de la prière de son peuple. Leçon de sens communautaire ensuite (on dirait aujourd’hui de sens de l’église), car aucune des citations bibliques reprises dans le Magnificat n’a un caractère individualiste ; elles concernent toujours le peuple tout entier. C’est l’une des grandes caractéristiques de la prière juive et maintenant de la prière chrétienne : le croyant n’oublie jamais qu’il fait partie d’un peuple et que toute vocation, loin de le mettre à l’écart, le met au service de ce peuple.