Une idée est venue à mon ami et
néanmoins confrère Eric Mangin,
suite à la demande de Gratiane
Dorlanne, rédactrice en chef de
cette revue, d’envoyer nos articles
à temps : inverser les rubriques en
nous servant de notre prénom
commun !
Alors, je vous parlerai
de musique et Eric (l’autre) vous
parlera de vocations.
Peut-on prêcher en musique ? On
peut chanter pendant l’homélie,
mais on peut aussi utiliser une des
vertus du chant : “Le chant ne
résulte pas de l’addition d’une
musique et d’un texte. Il n’est pas
non plus la rencontre
occasionnelle de la musique pure
et de la poésie pure. Il est un geste
humain original où mots et sens
ne font qu’un. Dans le chant, le
texte est porteur de significations
que la musique lui emprunte,
tandis que la musique, pour sa
part, élargit sans fin le sens des
mots. Grâce à la parole, la musique
peut "nommer" le Dieu de Jésus-
Christ ; par la musique, la voix
humaine tente de dire l’ineffable.”
Ainsi parle un document issu d’un
groupe de recherche sur Musique
et Liturgie appelé Universa Laus.
Ainsi, ce disque est une
prédication par l’agencement des
textes bibliques et dominicains lus
et des répons et psaumes chantés.
Mais la musique est elle-même
prédication quand elle est écrin
pour le texte, comme une parole
qui pourrait devenir Parole.
Premier exemple, le répons
“Seigneur, Tu m’as formé. Le
poète décrit l’intimité entre Dieu et
sa créature, et la confiance qui
peut en naître. La musique vient
pour déployer cette idée, par le
climat qu’elle installe, paisible et
confiant : les intervalles conjoints,
dans le grave, pour dire “Seigneur
tu m’as formé, tu as posé la main
sur moi” et plus loin “Sonde-moi ô
Dieu”.
Bien sûr, l’interprétation le
fait sentir, mais c’est naturel quand
la musique propose justement la
bonne attitude.