"St Jacques... La Mecque"... Un malentendu

"Saint-Jacques...la Mecque" est un malentendu.

Au départ, deux frères et une sœur se retrouvent chez leur notaire pour la succession de leur mère.
Ils se haïssent cordialement, et tout les opposent. Elle (Muriel Robin) est une enseignante semble-t-il blasée et déçue de sa mission d’enseignement, en proie à des difficultés financières (son mari est au chômage, elle a plusieurs enfants, et une maison à finir de payer) Eux, les garçons sont aussi très différents. Jean Pierre Darroussin est un alcoolique qui ne sait que boire (et baiser, dit-il, à l’occasion) et qui se complet dans cette attitude. Il est alcoolique par choix (et par réaction contre son père)
Artus de Penquern est un chef d’entreprise pressé, très actif, mais effroyablement seul, soutenant comme il peut une épouse dépressive et alcoolique.
Ils se haïssent et chez le notaire, les mots doux fusent jusqu’à ce qu’ils apprennent que l’héritage confortable ne leur sera donné que s’ils font le pèlerinage du Puy en Velay à Saint Jacques de Compostelle.
Bien obligés d’accepter, ils se retrouvent au Puy en Velay avec leur guide (Pascal Légitimus), deux jeunes filles (aisées) dont le parcours a été offert par un oncle, deux jeunes beurs (ils ont « emprunté » de l’argent à la mère de l’un pour se payer ce voyage), dont l’un est amoureux d’une des deux jeunes filles et l’autre, un peu simple et qui pense ne pas pouvoir évoluer (il ne sait pas lire) à qui son camarade a fait croire que le pèlerinage allait du Puy à .... La Mecque, pour l’embrigader dans l’aventure. Celui là n’a comme référence que sa mère qui est son seul salut.
Et pour compléter le couple, une jeune femme luttant « à mort » contre le cancer et dont le mari est parti.

Et voilà notre groupe qui part.

Découverte des paysages fantastiques de ce parcours, découverte de la vie dans les gîtes, et les rencontres que l’on y fait, découverte de zones « sauvages » non couvertes par les réseaux de téléphone portable.

Découverte aussi des gens, des êtres humains. Par petites touches, à chaque pas, chacun du groupe se découvre un peu plus chaque jour, d’abord en persiflant et s’invectivant, puis à chaque paysage nouveau et fantastiquement beau, il y a la découverte de l’autre.

Bien sur, ce film connaît un happy end, même dans la douleur. Il nous montre comment dans cette vie de groupe, on peut accéder à l’amour de l’autre, à la compréhension, au-delà des races, au delà des statuts sociaux, au-delà de la maladie.
Tout ce petit monde croit et embelli. La marche, détestée par certains devient ensuite une thérapie.

Dans la douleur, puis dans l’émerveillement tous renaissent à la vie, voir à une nouvelle vie, par la culture, par l’amitié et par l’amour.

Un film qui vous réconcilie avec la marche, avec le groupe, avec la fratrie.

Bruno MESSIE